Du cœur à l’ouvrage

Le livre

Sélectionné pour le prix Vendredi, nous tenions à lui remettre notre Prix coup de cœur tant pour nous cette lecture fut parfaite, touchante et marquante.

Ce livre c’est Pëppo de Séverine Vidal et toutes nos tentatives pour écrire une chronique à sa juste mesure semblent vaines. Mais bon faut quand même qu’on vous en parle alors tant pis on accepte notre défaillance et on se lance.

Pëppo c’est un p’tit gars bien, pas tout à fait sur terre, l’esprit dans la lune, le corps qui vibre avec les vagues, plus vraiment un enfant pas encore un homme. Il vit sa vie selon ses envies, avec l’appel de la mer qui est souvent plus fort que celui du lycée, avec une tribu farfelue, des parents absents, sans autres ambitions que le moment présent finalement.

Mais voilà que la vie et ses contraintes le rattrapent notre Pëppo, à la veille des grandes vacances en plus, elle sait être reloue la vie. Et puis bon niveau tuile elle se pose là la vie.

Pëppo a grandi dans un camping tenu par son oncle Max, avec sa sœur Frida et ses deux petits neveux d’un an. Les dodus, comme il les appelle, Pëppo les côtoie plus qu’il ne s’en occupe. Pourtant il va devoir apprendre à les connaître les jumeaux, parce que Frida elle s’est barrée, à une semaine de la fin des cours, elle est partie sans autre explication qu’une lettre où elle lui demande de s’occuper des petits.

Heureusement il est malin, débrouillard et bien entouré notre Pëppo. Dans ce camping de fortune, le Ropical, où même le T a mis les voiles, il va en trouver des ressources, faire des découvertes sur les âmes qu’il croise tous les jours sans savoir à quel point leur cœur est grand. Parce que le Ropical ce n’est pas que Max, Frida, Pëppo et les jumeaux, c’est aussi l’Argentin qui roule sa bosse et sa guitare à la recherche des bons coups ou des coups de cœur, c’est Mado la veille aigrie avec son fusil et son parlé cru, c’est Bibiche qui par un heureux hasard revient dans ce camping qu’elle avait chéri il y a bien longtemps, c’est Marilyn, la boulangère au grand cœur et puis c’est Marie-Lola son bagou, son franc parlé qui vont faire chavirer le cœur de notre Piaf.

Pourquoi on aime ?

Parce que cette galerie de personnage on ne peut que l’aimer, c’est une famille de bric et de broc, soudée dans l’adversité, pleine de non-dits, de tendresse, de mystère et tellement riche d’amour, qu’ils n’en ont même pas conscience.

Parce que Pëppo est aussi lunaire que solaire, si j’avais dix ans de moins j’aurais rivalisé avec Marie-Lola pour ses beaux yeux.

Parce que Séverine Vidal, qu’on sait déjà grande autrice, maîtrisant ses textes, nous offre ici une pépite, une rencontre qui tient de l’intime, une tranche de vie ce si touchante qu’on ne referme pas ce livre indemne, comme si on devait quitter sa propre famille.

Parce que la narration est folle, aussi barrée que ses personnages et c’est ce qui fait toute la beauté du texte, passer d’un narrateur extérieur qui nous permet de tout savoir aux pensées plus personnelles de Pëppo dans des passages courts et intenses où il se fait narrateur, souvent pour s’adresser indirectement à Frida.

Parce que ce petit roman qui ne paye pas de mine va vous retourner le cœur.

Du cœur il y en a donc beaucoup dans ce livre mais les plus gourmands c’est certainement ceux qu’inventent Valdo et Pëppo avec les palmiers un peu passés de Marilyn : les trempés-choco.

IMG_20181025_105535

Qu’est-ce qu’on mange ?

Revisite des Trempés-Choco

Les trempés-choco à la base ce sont donc des palmiers de quelques jours trempés dans un pot de Nutella coulant, suintant dans la chaleur de l’été occitan.

Pour des questions pratiques (là de suite il fait 6° dehors niveau chaleur on a connu mieux) et de partage nous avons choisi de les réaliser avec un glaçage à la pâte à tartiner. En avant donc pour une recette en trois étapes : pâte feuilletée maison (mais franchement si vous l’achetez toute faite vous vous embêterez moins), palmiers et enfin glaçage.

La pâte feuilletée :

Je suis loin d’avoir le matériel des grands pâtissiers à la maison et le temps de faire mille tours à ma pâte feuilletée. Comme Pëppo j’ai un dodu d’un an à la maison et même avec un seul autant vous dire que ça prend du temps, presque autant que cette pâte.

250 g de farine + de quoi fariner le plan de travail

200g de beurre froid coupé en cubes

125 ml d’eau

5g de sel

Si possible un robot à crochet sinon vous pétrirez à la main.

Dans un saladier déposer la farine, le beurre bien froid en gros dés. Mélanger l’eau et le sel puis verser dans le saladier. Pétrir le tout doucement à l’aide d’un crochet ou à la main. La pâte doit être bien mélangée sans pour autant être homogène, il doit rester des gros morceaux de beurre.

Farinez généreusement votre plan de travail. Placer y la pâte qui doit former un carré. Attention ça va devenir technique donc je vais écrire les étapes une par une :

  1. Passez 2 fois le rouleau sur votre pâte dans un seul sens
  2. Attendez un peu puis recommencez, toujours dans le même sens
  3. Pliez votre pâte en 3, les pros appellent ça en portefeuille moi je dirais plutôt comme une lettre d’amour.
  4. Passez le rouleau dessus jusqu’à avoir une pâte assez fine.
  5. Repliez à nouveau en 3 et recouvrez votre pâte d’un film plastique
  6. Laissez reposer 20 minutes dans le réfrigérateur
  7. Passez 2 fois le rouleau sur votre pâte dans un seul sens
  8. Attendez un peu puis recommencez, toujours dans le même sens
  9. Repliez à nouveau en 3 et passez encore votre rouleau jusqu’à avoir un feuilletage bien lisse. Exit les morceaux de beurre donc.
  10. Repliez en 3 une nouvelle fois et appuyez légèrement dessus pour souder les couches de votre pâte
  11. Votre pâte est prête ! Enfin il vous restera à l’abaisser encore une fois pour réaliser le palmier. Pour cela couper là en deux afin de pouvoir faire deux rectangles de pâte assez large et fin.

[vous pouvez retrouver la recette originale ici avec une vidéo des étapes fort utile ^^]

Les palmiers

Alors là vous allez pouvoir laisser parler votre créativité. On a besoin d’un mélange à base de sucre roux et d’épices.

Voici notre mélange mais selon vos goûts vous pouvez ajouter du gingembre par exemple, ou épices de noël, tant que ça se marie avec la pâte à tartiner.

100 g de sucre roux

1 sachet de sucre vanillé

1 c à c de cannelle

Mélangez tous ces ingrédients dans un verre doseur par exemple.

Une fois que vous avez abaissé une première pâte, déposez là sur la plaque du four recouverte de papier cuisson. Saupoudrez la de sucre pimpé (pas tout juste de quoi la recouvrir légèrement, n’oubliez pas qu’il y a un glaçage au Nutella par la suite hein), puis recouvrez avec la deuxième pâte, saupoudrez de la même façon.

Repliez ensuite les extrémités sur trois centimètres environ, saupoudrez. Repliez à nouveau les côté en laissant une bande de 2 cm environ au milieu. Retournez votre pâte afin que la « pointe du cœur » soit vers vous. Enroulez là dans le papier cuisson, direction le congélateur pendant 30 min.

Pendant ce temps on savoure quelques pages en compagnie de Pëppo.

Préchauffez le four à 180°.

Une fois ressortie du congélateur, replacez  sur la plaque et coupez des tranches de 1 cm environ (un tout petit peu moins ce serait mieux). Trempez chaque tranche dans le restant de sucre des deux côtés avant de placez sur la plaque. Pas trop serré ça va s’étaler une peu.

Laisser chauffer une quinzaine de minutes, puis retourner chaque palmier et laissez cuire une nouvelle quinzaine de minutes afin que les deux faces soient bien caramélisées. Attention c’est la face du dessous qui caramélise en premier donc méfiez vous si vous trouvez que les palmiers ne se colorent pas assez, regardez en dessous.

Si possible laissez les refroidir dehors pendant que vous réalisez le glaçage.

IMG_20181024_225354

Le Glaçage

Alors là niveau anarchie, c’est le summum de la recette mais bon voici la base qui aura certainement besoin d’être ajustée afin d’obtenir un glaçage facile à étaler et assez brillant.

3 c à soupe de sucre glace

2 c à soupe d’eau très chaude

3 c à soupe de pâte à tartiner de votre choix (nous on a choisi la pâte à tartiner Monoprix sans huile de palme dont le goût est similaire au Nutella sans être identique bien sûr).

On mélange le sucre et l’eau avant d’ajouter la pâte à tartiner.

Et attention là il faudra aller vite. Oui il faut agir avant que le glaçage ne durcisse et soit impossible à étaler. Si comme moi vous avez eu une péripétie de fin de recette pas de panique quelques secondes au micro-onde et le glaçage devrait se ramollir. Ou alors vous pouvez rajouter un peu d’eau chaude et de pâte à tartiner.

Là il y a deux écoles.

Ceux qui trempent allègrement leur palmier dans le glaçage : Pëppo et Valdo Style.

Ou ceux plus délicats qui veulent étaler de façon sophistiquée afin de partager avec des convives sans que tout le monde s’en mette partout. Dans ce cas munissez vous d’une Maryse (ah très chère Maryse il faudra qu’on vous la présente un jour).

Si vous mettez les palmiers au frigo pour que le glaçage prenne plus vite, il faudra les sortir quelques minutes avant dégustation au risque de perdre une dent. La gourmandise demande parfois un peu de patience. Pendant ce temps vous pouvez essayer de préparer un café chaussette comme Valdo, ainsi l’expérience sera complète.

Par Ambramissu

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s