Apocalypse à la vanille

Le livre

Chez Cook in book, on a quelques atomes crochus avec la talentueuse Aylin Manço. Vous l’avez peut-être croisée chez nous, elle dévoilait une recette de tarte à la mélasse potteresque, et un beau texte sur l’importance de ce détail dans L’école des sorciers. Peut-être suivez-vous sa délicieuse page instagram, où elle partage photos de bouffe alléchantes et chroniques de lecture affûtées et savoureuses.

On vous conseille, amateurs de bonne chère et de belles plumes, de vous jeter maintenant sur son premier roman : La dernière marée, publié chez Talents hauts. Si on devait faire un diagramme, inspiré par ceux de Julia Lupiot, on situerait peut-être ce roman-là à la croisée de Sirius (pour l’atmosphère de fin du monde à laquelle on échappera peut-être) et La Peau de mon tambour (pour l’apocalypse intime dont on ressortira peut-être). Avec un soupçon de Melancholia (mais en bienveillant), et de la série The Leftovers (mais avec une vraie résolution).

Dans ces quelques jours de la vie d’Élo, ado solaire et un peu solitaire, ne se trame rien de moins que le probable naufrage du monde. Voilà des mois qu’un inexplicable vortex aspire la mer en continu, la vide comme une baignoire dont on aurait jeté très loin la bonde. Plus de pêcheurs, plus de poissons, plus de vagues ou de baignade : un pied à l’eau peut t’emporter très loin de chez toi, te dériver, te dévorer. La ville balnéaire de Citéplage est presque réduite à l’état de ville fantôme, où viennent mourir des tortues de mer et mendier des chats errants. Comme presque chaque été, c’est ici qu’Élo et ses parents ont choisi de venir passer leurs vacances, qui vont lentement, délicatement, à pas tout doux, tourner au cauchemar éveillé.

Car ce n’est pas seulement notre monde commun qui menace de disparaître avec la mer. La maman d’Élo (Aylin serait-elle un poil Lacanienne sur les bords ?), ancienne nageuse de compétition, tombe au même rythme dans ce grand vide, abandonne sa famille et se noie en elle-même peu à peu.

Entre son drame intime et la terreur globale, notre ado fait la connaissance d’un garçon, Hugo, qui se rêve marin, et ne tergiverse pas sur son bonheur de voir tout de même la mer pour la première fois. Ce merveilleux personnage, sensible et courageux pour de vrai, va aider Élo à sortir la tête de l’eau.

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Pourquoi on aime ?

Le style ! Gourmand, poétique, inspiré. Et ces voix d’actualités qui entrecoupent le récit et semblent venir de loin, qui donnent au texte une ampleur folle et des airs de théâtre antique.

Le rythme ! Avec cette progression de velours vers un dénouement, cette lente et inexorable montée en tension : une marée haute que tu sentais venir et qui vient tout de même te cueillir, tout démuni, pour te submerger peut-être.

L’atmosphère ! Poussiéreuse, moite, onirique. Cette Citéplage qui devient ville morte,  où le temps semble en voie de suspension. Cette plage qui devient désert… Ça vous a des allures de western.

Le récit entier est traversé d’images fortes : entre coque de bateau échoué, troupeau de petits vieux sympathiques mais un peu inquiétants, et une certaine scène d’une beauté et d’une tristesse absolue, pas loin du sacrifice rituel où amour et cruauté se bousculent… autant de coins où la conscience de la mort vient affleurer, et percer la peau de l’enfance.

Si on ajoute que se nichent aussi dans les plis des scènes de repas délicieuses, vrais îlots de douceur, vous comprendrez aisément le degré de séduction qu’exerce sur nous La Dernière marée

Qu’est-ce qu’on mange ?

On avait le choix entre des barbecues de poisson, des glaces et sorbets maisons (pas de saison), de bons plats végétariens (hmm… on a hésité)… et des gâteaux. Pour rester sur cette idée de douceur, et parce qu’on est généreuses, on a voulu vous cuisiner les deux gâteaux préférés d’Élo. C’est parti.

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Banana Bread avec pépites de chocolat

Celui-ci est le numéro deux du top 2 des gâteaux préférés. J’ai utilisé la recette (en réduisant un peu le sucre) du blog québécois A porc égal. Délicieusement moelleux, et réconfortant à souhait.

On va utiliser :

  • 200 g de farine
  • 1 demi sachet de levure chimique
  • 100g de beurre doux
  • 150g de sucre roux
  • 2 oeufs
  • 1 cuillère à café d’extrait de vanille bourbon (c’est mon extrait de vanille préféré. Je n’en avais pas sous la main, du coup j’ai utilisé de l’extrait de vanille lambda, et une goutte de sirop d’érable)
  • 3 bananes écrasées en purée – bien mûres c’est mieux. Si vous avez des bananes pas loin de se perdre, c’est l’occasion de les utiliser.
  • 12,5 cl de lait
  • Pépites de chocolat noir, à volonté

 

Mélangez la farine et la levure dans un premier saladier.

Dans un deuxième saladier, placez votre motte de beurre et faites la ramollir au micro-onde quelques secondes. Ajoutez le sucre roux, et mélangez jusqu’à ce que ça forme une pâte comme du sable mouillé. Ajoutez les œufs, fouettez le mélange jusqu’à ce qu’il soit homogène. Ajoutez l’extrait de vanille, mélangez. Ajoutez la purée de banane, mélangez (on ne s’en lasse pas).

Incorporez la moitié du mélange humide au mélange sec. Ajoutez la moitié du lait. Mélangez. Incorporez la fin du mélange humide. Incorporez la fin du lait. Mélangez.

Ajoutez des pépites de chocolat noir, autant qu’il vous plaît.

Faites couler tout ça dans un moule à cake ou à gâteau, préalablement beurré, et posez le au four à 180° pendant une heure.

Alternez, pour le petit-déjeuner ou le goûter, des tranches de ce gâteau avec des tranches de…

Cake rhum-vanille

On comprend bien pourquoi il s’agit DU gâteau d’Élo tant il est apaisant, gourmand et goûteux en rhum. Ça réchauffe le cœur et le gosier.

La recette nous a été explicitement recommandée par Aylin, et provient du blog Beau à la louche. Il s’apparente plutôt à un quatre-quart qu’à un cake classique. Nous l’ avons bien sûr modifié un peu, parce qu’on est toujours obligé de mettre notre grain de sel… que voulez-vous, on ne se refait pas.

  • 3 œufs (séparer le blanc du jaune)
  • 120 g de sucre roux
  • 3 sachets de sucre vanillé
  • 180 g de farine
  • 1/2 sachet de levure chimique
  • 180g de beurre de barrate demi-sel fondu
  • 1 verre à liqueur de rhum (moi j’ai fait moitié rhum arrangé vanille cannelle, moitié Captain Morgan qui est épicé)
  • 1 bonne cuillère à café d’arôme vanille liquide.

Commencez par séparer les blancs du jaune.

Battre les jaunes avec le sucre jusqu’à blanchiment, puis incorporez la farine-levure et le beurre en alternant, un peu de farine, un peu de beurre, un peu de farine, un peu de beurre… sinon vous allez vous retrouver avec le biceps de Nadal. Et enfin le verre de rhum (à liqueur le verre, hein ?!).

Une fois le mélange à peu près homogène (vous allez voir c’est très granuleux, entre la pâte et le crumble. Pas de panique, c’est qu’on a pas mis les jaunes encore).

Battre les blancs en neige. Astuce : mettre une pincée de sel dedans, et avoir un robot… ou le biceps de Nadal, au choix.

Incorporer les blancs tranquillement à la préparation, le mieux c’est de faire ça avec une Maryse (rroooh elles nous soûlent avec leur Maryse), par des mouvements circulaires de bas en haut, toujours dans le même sens pour ne pas casser les blancs.

Normalement à force la pâte va s’assouplir et s’homogénéiser. Une fois que vous arrivez à ce résultat, vous pouvez mettre dans un moule à cake beurré, et tchoup au four (préalablement préchauffé) à 150° pendant 50 min.

Et là vous pouvez rester lire devant le four histoire de ne rien perdre des délicieuses effluves de rhum et de vanille qui vont se diluer peu à peu.

Avertissement : si vous n’aimez pas le rhum, abstenez vous, c’est bien dosé, et sans ça je pense que l’intérêt est moindre, sauf à le remplacer par de la fleur d’oranger.

Vous pouvez foncer les yeux fermés sur ces deux recettes, et à estomacs grands ouverts. Ça vous permettra de lire avec gourmandise les prochains articles du Blogtour. Et n’oubliez pas de courir chez votre libraire demain !

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Par Ambrownie pour la lecture et le Banana bread, et Ambramissu pour le Cake rhum-vanille

 

 

3 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Little A dit :

    Je suis assez curieuse de découvrir ce roman ! Vous et Lupiot m’avaient très très fortement intrigués ! Alors demain, je me jette dessus à la librairie ( Oui, oui j’ai déjà regardé il est en stock 😀 ) !

    Merci pour ces recettes très alléchantes !

    J'aime

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