Portrait gourmand d’Aylin Manço

Décidément, Aylin Manço n’a pas fini de nous mettre l’eau à la bouche.

Depuis l’article sur la tarte à la mélasse, nous n’avons cessé de découvrir à quel point son palais et sa plume sont affûtés. Et nos papilles nous chuchotent qu’on a pas fini de savourer les plats et les mots de cette autrice.

Aylin Manço c’est :

200 g de bienveillance

150 g de gourmandise

50 cl d’atmosphère apocalyptique

3 louches de formules absolument savoureuses

1 cuillère à café de mélancolie

Quelques gouttes de thé salé

Saupoudrez le tout d’un enthousiasme inégalable.

Le portrait

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  • Un plat d’enfance

C’est un peu bizarre mais quand j’étais petite, j’adorais les pâtes avec de la crème liquide et des lardons crus. La chaleur des pâtes chauffait les lardons juste assez pour qu’ils transpirent un peu, c’était géant.

  • Un plat vite-fait

Les linguines à l’ail et au piment (linguine olio, aglio e peperoncino en italien). Je fais des énormes réserves de pecorino romano à râper dessus (c’est meilleur que le parmesan !) à l’épicerie italienne du coin et j’en mange facilement deux fois par semaine.

  • Un plat réconfort

Le même qu’au dessus !

  • De la junk food

Le hot dog à un euro de chez IKEA, sans hésiter ! Je connais rien d’autre qui soit à la fois aussi bon et aussi bon marché, c’est vraiment un miracle du capitalisme.

  • Celui que tu aimes le plus préparer

J’adore cuisiner de manière générale. Je travaille chez moi donc je cuisine tous les jours, parfois deux fois par jour. C’est la seule activité manuelle à laquelle je m’adonne, et ça me détend vraiment.

  • Un irrésistible

Les chips au sel. (Attention, seulement celles qui sont JUSTE au sel, les autres sont des abominations.) C’est une addiction : quand j’arrive dans une soirée où un paquet est ouvert, je sais tout de suite que les choses vont mal finir.

  • Celui qui te révulse

Jusqu’à récemment, je me croyais la gastronome la plus aventureuse du monde, mais j’ai eu une sévère déconvenue lors d’un séjour à Istanbul.

Pour impressionner les amis qui étaient avec moi, j’ai commandé une demie tête de mouton rôtie. On me l’a servie déjà découpée : une joue, une oreille, un demi cerveau et surtout un œil qui me regardait fixement, perché sur sa colline de riz pilaf.  C’était très odorant… J’ai mangé la joue, puis l’oreille qui a craqué sous mes dents. Le reste, j’ai pas pu.

  • Celui qui te fait voyager

J’adore un plat turc qui s’appelle kokoreç : c’est des intestins d’agneaux enroulés autour d’un ris d’agneau puis cuits à la broche. Ensuite le tout est découpé en petits morceaux, frit à la poêle, assaisonné d’origan, de cumin, de piment et de sel, agrémenté de dés de tomates crues et enfin fourré dans une demi miche de pain frais. Je sais que tout le monde s’est déjà enfui en courant parce que j’ai écrit « intestins » mais c’est divin : croustillant, relevé et gras. J’en ai jamais trouvé en dehors des frontières turques, donc il faut littéralement voyager pour en manger. Heureusement, ma grand-mère et mon père vivent en Turquie et j’y vais régulièrement.

  • Un bonbon

Le bon bonbon Napoléon ! Il est vendu uniquement en Belgique (d’où je viens) et au Pays Bas, il a l’exact forme des bonbons des livres d’images et un bon goût de citron chimique. Mes premières années d’argent de poche ont entièrement été dilapidées en Napoléon.

  • Une pâtisserie

L’éclair au chocolat de la boulangerie de la place du Vieux Marché, à Rouen. C’est un MOF (meilleur ouvrier de France) et son éclair au chocolat est parfait en tous points.

  • Une saveur

L’ail ! Mon père cuisine comme une sorcière fait des potions : il jette tout ce qui lui tombe sous la main dans la marmite. Mais ça commence toujours par de l’ail, et encore maintenant j’associe l’odeur de l’ail qui cuit à mon Papa.

  • Une boisson

Du lait demi-écrémé de la marque belge Joyvalle. Quand j’étais gosse, j’en buvais à la place de l’eau, j’étais complètement fascinée par ce goût que je trouvais délicieux et marqué mais dont je ne me lassais jamais.

  • Un livre à croquer

La BD Comme un chef, de Benoit Peeters et Aurélia Aurita. C’est la vie de Benoît Peeters (la moitié scénariste du duo Schuiten & Peeters, connus pour leur série Les Cités Obscures) racontée par lui-même à travers l’évolution de ses goûts et des compétences en cuisine. Gastronomie moléculaire et théorie littéraire se mélangent : on croise notamment Roland Barthes, et les réflexions de Benoît sur le rôle culturel de la cuisine sont très touchantes. Passionnant et savoureux !

  • Un plat de roman qui t’a marquée

La tarte à la mélasse dans Harry Potter ! Je vous ai même fait tout un article dessus !

  • Un plat de la mer

Des huîtres ! Je pensais que j’aimais pas ça mais cette année j’en ai mangé 6 au réveillon, c’était une grande découverte.

  • Un plat de ta mère

La cuisine, c’est un point de conflit entre ma mère et moi. J’aime les plats élaborés, elle aime les pommes de terre en chemise, les oeufs durs et les légumes à l’eau. Elle me trouve affreusement snob. En plus, je m’obstine à cuisiner épicé même quand c’est juste pour elle et moi, ce qui l’oblige à rajouter de la crème liquide dans tous mes plats pour les diluer. (Elle va me tuer d’avoir révélé ça.)
Mais : un soir de veille d’examen, je devais avoir 19 ans, je suis descendue de ma chambre au bord de la crise de nerfs et j’ai réclamé des crêpes. Ma mère avait beau avoir prévu autre chose, elle m’a fait des crêpes sans protester. Je suis très reconnaissante pour les crêpes de ce soir-là : je pense pas que j’aurais eu 15 en mécanique rationnelle sans elles. Merci Maman.

  • Un plat belge

Ggnnh. Ça me tue de devoir répondre « les frites » mais en vrai : les frites. Celles du Frit’kot de Flagey. Elles sont cuites au blanc de bœuf, ce qui leur donne un goût subtil, presque fruité. (Amis Français, cette réponse ne vous donne pas la permission d’égrener des clichés sur les Belges la prochaine fois qu’on se croise, soyez prévenus !)

  • Un plat français

Grâce soit rendue à mes beaux-parents qui font mon éducation en cuisine franchouillarde depuis qu’ils m’ont rencontrée : lapin aux pruneaux, bœuf bourguignon, gigot de sept heures, foie gras maison, moultes fromages… Je pourrais pas choisir, tout est bon chez Gilles et Isa.

 

Qu’est ce qu’on mange ?

Finalement la meilleure pour vous écrire la recette, c’est la cheffe Aylin elle-même. Parce qu’en vrai nous on a juste rajouté du piment frais et un peu d’origan, pour une fois on a plutôt respecté la recette, et c’était parfait !

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Linguine alio, oglio e peperoncino

Pour 2 personnes :

– 250 g de linguines (marque De Cecco, si possible, elles sont d’une qualité incomparable) (les spaghettis ou les tagliatelles ça marche aussi, moi je préfère les linguines)
– 2 gousse d’ail (ou plus)
– 1 pincée (ou plus) de piment rouge en flocons (type pili-pili, moi j’utilise du piment que je ramène de Turquie)
– 2 c à s d’huile d’olive (ou plus)
– 1 montagne (ou plus) de pecorino romano fraîchement rapé (ou du parmesan ou du grana pradano mais le pecorino c’est vraiment meilleur, c’est un genre de parmesan sauf qu’il est fait avec du lait de chèvre plutôt que vache, on le trouve en épicerie italienne et parfois au Carrefour).

Mettre les linguines à cuire selon les indications du fabricant.

Pendant qu’elles cuisent, hacher l’ail et le faire revenir dans l’huile d’olive à feu moyen dans une poêle. Quand il commence à dorer, réduire le feu et ajouter le piment.

Quand les pâtes sont cuites, verser un peu d’eau de cuisson (deux ou trois cuillères à soupe) dans la poêle où a cuit l’ail. (Attention à ce qu’elle ne soit pas trop chaude, sinon ça va faire des projections.) Égoutter les pâtes et les transvaser dans la poêle. Les faire sauter avec le mélange huile-eau de cuisson, jusqu’à ce que l’eau de cuisson soit évaporée.

Servir bien chaud sous une montagne de pecorino romano râpé et un trait d’huile d’olive supplémentaire. On peut aussi agrémenter d’un trait de jus de citron et de persil haché, mais la plupart du temps je n’ai ni l’un ni l’autre, alors je ne le fais pas (et c’est très bon quand même). Bon appétit !

Mangez ça en lisant La Dernière marée, et à la prochaine !

 

Par Ambramissu aux fourneaux

 

 

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