Cookie or not cookie

Le livre que nous allons vous chroniquer aujourd’hui est une grosse pépite de chocolat amer sur un biscuit craquant sucré, avec un cœur mi-coulant de tendresse, mi-dur de « l’homme est un loup pour l’homme, et surtout pour la femme » (Bébé toi même tu sais), saupoudré d’un sucre pétillant d’humour… un peu comme la vie en fait.

Le livre :

La fourmi rouge n’est pas un manuel pour les entomologistes en herbe qui voudraient parfaire leur connaissance sur cet insecte méconnu et fascinant.

La fourmi rouge n’est pas non plus un énième roman à la première personne sur les tribulations sentimentales d’une adolescente en pleine puberté en proie au doute et aux conflits internes. Enfin si, mais non.

Non, parce qu’en fait La fourmi rouge est un roman de la collection X’ chez Sarbacane, et on a dégusté assez d’Exprim sur ce blog pour savoir qu’ils ont un régime très strict en ce qui concerne la qualité de leur texte. Si on était dans une épicerie fine de Saint-Paul je vous dirais « Chez Sarbac’ l’important c’est de sourcer le produit, c’est pas que bio tu vois (oui parce qu’on tutoie le client dans ce genre d’épicerie, c’est plus personnel), c’est une relation qui se tisse avec les producteurs, c’est du circuit court, local, ou alors équitable tu vois? ».

Et en plus ils ont la courtoisie de ne pas te faire payer 150€ le kilo. Vraiment ils sont chouettos chez Sarbac’.

Et parmi leurs nombreuses découvertes sourcées il y a une autrice absolument drôle, sarcastique, caustique, malicieuse et gourmande, bref une personne formidable : Emilie Chazerand.

Elle avait déjà conquis mon p’tit coeur il y a quatre ans avec La petite sirène à l’huile, autant vous dire qu’avec La Fourmi rouge elle a atteint mes zygomatiques.

La fourmi rouge

Vania Strudel, adolescente de 15 ans cumule les emmerdes. Il n’y a pas à dire, à la tombola de la vie elle a gagné les pire lots ou presque. Déjà elle a un nom de serviette hygiénique accolé à une pâtisserie allemande, additionné à un ptosis qui lui donne l’air endormi ou qui peut donner l’impression qu’elle cligne de l’œil sans arrêt (vous sentez venir les situations reloues vous aussi ?).

Bref Vania aurait certainement pu faire fi de ces quelques obstacles mais d’autres éléments font barrage à ce possible épanouissement, Vania n’a plus de maman, disparue dans des circonstances assez énigmatiques (un des leviers du livre donc je ne peux vous en dire plus)… et son père taxidermiste (c’est bien pire) la conduit à son premier jour de lycée en ouafture (dois-je vraiment vous décrire ce véhicule qui se veut être la promotion des talents du papa ?). Ajoutez à ça que son meilleur ami, Pierre-Rachid, change radicalement de corps et se met à sortir avec la bombasse/pétasse/ennemie-jurée Charlotte poufiasse Kramer et vous aurez un tableau à peu près complet de la situation de Vania en ce début d’année.

Mais tout n’est pas noir, rassurez-vous. Le papa s’avère être, malgré la ouafture, une personne très responsable, aimante et attachante. Vania peut donc compter sur lui (ce qui n’est pas toujours réciproque), ainsi que sur son autre meilleure amie (oui car Pierre-Rachid est un traître rappelons-le) dont le prénom ne peut présager que le meilleure, Victoire. Elle a aussi pioché un jeu bien pourri à la distribution karmique : elle est atteinte de Fish odor syndrom, mais reste toujours optimiste. Et ça, Vania en a cruellement besoin.

Et puis surtout Vania semble avoir une sorte d’ange-gardien sadique qui va lui transmettre un message, un mail plus exactement, que Vania va appeler le « Mail de la Vérité » et qui, tout en se voulant encourageant, contient des passages absolument merveilleux et horribles comme :

« Vania, tu es insignifiante. Taille moyenne, élève moyenne… Fille moyenne. Pas parce que tu es née comme ça, mais parce que tu as choisi la transparence, la fadeur, l’insipidité. Tu es la personne la plus décevante de ce siècle. »

Bim dans les dents, le décor est planté ! Et attention l’auteur.rice de la lettre ne désire pas être méchant.e, l’idée c’est plutôt de servir d’électrochoc afin que Vania prenne conscience de son potentiel et devienne « une bip de fourmi rouge ».

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Pourquoi on aime:

  • Parce que Vania est une tête à claque attachante et ça, ça change des héroïnes qui sont soit fonciérement détestables soit absolument parfaites (et donc absolument détestables). On a là un personnage construit d’incohérences, à la fois absolument consciente de ses fêlures, de son potentiel et du fait qu’elle se sabote elle même ; résolue à changer mais qui en chie grave.
  • Parce que justement, l’électrochoc qui était induit par le Mail de la Vérité n’est pas instantané. Changer c’est difficile, changer quand on est ado ça l’est encore plus. Je sais pas trop si vous vous souvenez de cette période de votre vie… Moi assez bien en fait. On est à la fois assailli de grands principes sur ce qu’on devrait être, parfois assez contradictoires (sois responsable, mais enfin tu es jeune amuse-toi, t’as bien le temps d’y penser, mais enfin l’avenir c’est aujourd’hui qu’il se construit ma grande !…). Constamment observé par des adultes plus ou moins bienveillants à notre égard, on change, on doute. Bref en pleine construction de son identité quoi, on s’aime, on se déteste, on dit le contraire de ce qu’on pense, on pense le contraire de ce qu’on fait. Et d’ailleurs on fait ça aussi à l’âge adulte hein, de temps en temps. Donc voilà Vania c’est un personnage authentique, c’est la p’tite meuf qu’on aurait pu être à 15 ans (mais merci le karma). Elle veut changer, vraiment, mais elle peut pas s’empêcher s’attirer les catastrophes, d’être blessante parfois et essaye pourtant, et finalement c’est ça qui compte.
  • Parce que quand on est dans la merde il faut toujours trouver des alliés, et ici les alliés sont presque autant dans le pétrin, ou dans les non-dits et ça devient assez cocasse. Mais une fois que tout se démêle, ben finalement ça resserre les liens et c’est beau, et tendre, ça fait un bien fou.
  • Parce que c’est drôle, mais bon sang qu’est-ce que que je me suis marrée. Peut-être davantage à la relecture, d’ailleurs, parce que je n’avais plus peur pour Vania. Mais quel talent, Emilie Chazerand. C’est pas donné à tous les auteurs.rices de savoir écrire de cette manière. Ça semble spontané, c’est un peu cru mais bien dosé, c’est familier, ça nous enrobe comme un petit caramel d’une langue parfois vulgaire, tranchante et extrêmement bien construite. C’est une atmosphère, une pièce. Tout est au service du récit, les mots, la syntaxe. Je vous le dis, certaines phrases sont des bonbons et de sacrées trouvailles. « Le bonheur devrait toujours être aussi accessible que des poneys en plastique sur un rayon »
  • Parce que c’est à la première personne, mais pas simplement parce que du coup c’est plus facile de s’identifier, de connaître les sentiments et les combats internes du personnages. Alors si oui, effectivement, on est dans la tête de Vania : mais en plus Vania nous parle, nous interpelle, nous prend à parti, et moi j’adore quand le lecteur est partie prenante. Elle sait qu’on est là, elle sait qu’on la juge, elle veut qu’on la comprenne. le lecteur est un personnage finalement, et du coup moi j’ai l’impression d’y vivre dans cet immeuble avec Vania, Pirach, Rachel…
  • Parce que ce livre aurait pu s’appeler 50 nuances de cookie.

Qu’est-ce qu’on mange?

Alors bon j’ai mis trois semaines à écrire cet article pour plusieurs raisons, l’une d’elle étant que j’hésitais vraiment trop sur la recette (les autres raisons c’est mon fils de presque 2 ans, le travail le lundi ce mois-ci parce qu’on a fermé une annexe pour en ouvrir une autre, et encore mon fils de presque 2 ans. Le presque est hyper important).

J’aurais pu faire un Strudel aux pommes puisque c’est le nom de famille de Vania.

J’aurais aussi pu faire un pudding, qui revient trois fois dans le roman, puisqu’apparemment c’est l’odeur que Vania secréterait naturellement. Ce qui va donner lieu à une déclaration amoureuse absolument fabuleuse. J’en dis trop. Ou pas assez ? Non mais vraiment, je vous jure, ce livre recèle une des meilleurs déclarations du monde, digne de Quand Harry rencontre Sally, absolument mielleuse et profonde.

Mais en fait le vrai gâteau qui nous fait saliver tout le long c’est le cookie, ou plutôt les cookies. Il me semble avoir compté 12 occurrences dudit biscuit, soit le mot cookie toutes les 20 pages en moyenne (si quelqu’un possédant le dit-livre en version numérique je veux bien un petit Ctrl F « cookie » et « cookies »).

Vania a même mis en place un système qu’elle appelle « l’échelle des biscuits » qui va du cookie le plus réconfortant (beurre de cacahuète et chocolat) au cookie le plus sain (cookie vegan) lorsqu’elle les confectionne pour les réunions de l’association de son cher papa, adaptés donc aux humeurs des membres de ELA (ma conscience professionnelle m’empêche de vous en dire plus sur cette association, encore un levier très important du livre).

Donc c’est partie pour deux recettes de cookies, du plus scandaleusement calorifique et réconfortant au plus « sain » mais néanmoins goûteux.

Le cookie beurre de cacahuète, chocolat et noix de pécan

Il vous faut:

125 gr de beurre demi-sel mou de chez mou

100 g de cassonade

25g de sucre vanillé

225 gr de farine

1/2 càc de levure

1 càc de bisarbonade

Autant de pépites de chocolat au lait que votre gourmandise peut tolérer (ici Eliepili s’est chargé de mangé une partie de paquet donc on doit être à 100g

50 gr de noix de cajou rapidement concassées.

6 cà café de peanut butter (crunchy c’est mieux)

1 œuf

Vous l’aurez deviné ce n’est pas la version vegan.

Bon sinon comme d’habitude on mélange tout les ingrédients en commençant par farine, sucres, levure, bicarbonate et sel. Puis beurre, œuf, peanut butter et enfin les morceaux. On malaxe jusqu’à obtenir une pâte homogène pas trop collante. Ensuite il suffit de faire des petites boules de pâtes, de les déposer sur une plaque recouverte de papier sulfurisé et chop-chop au four à 200° pendant une dizaine de minute.

Pour celles.ceux qui n’auraient jamais fait de cookies, c’est mou même quand c’est cuit ça durcit en refroidissant donc pas la peine de sur-cuire hein.

Alors oui c’est un peu sec mais moi j’aime les cookies en mode biscuit, j’aime quand ça craque, que ça caramélise.

Et puis avec les deux saint patrons de Vania : Ben et Jerry c’est absolument parfait !

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Le cookie Vegan matcha chocolat blanc

C’est la première fois que je pâtisse vegan, et donc pour cela j’ai fait appelle à une experte en la matière : Lili du blog Quand je serai petite. Elle m’avait fait salivé devant ses cookies matcha la semaine dernière. Les miens sont certainement moins réussis, ils ne sont même plus verts après cuisson, mais ils se défendent en terme de saveur.

C’est parti:

220g de farine bio

100 g de sucre roux

20g de sucre vanillé

50g de lait végétal (j’ai fait moitié avoine, moitié lait de coco déjà aromatisé au matcha)

1 pincé de sel

75 g de pépite de chocolat blanc

2 càc de matcha en poudre

100 g d’huile de coco

On commence par fouetter l’huile de coco et le sucre à la fourchette jusqu’à avoir un mélange homogène. Puis on ajoute tout le reste. Et on fait comme les cookies pas vegan.

J’ai pas pu m’empêcher de rajouter ce qui me restait de noix de pécan à la fin (je suis nutaddict voilà vous savez tout maintenant).

J’adore les dessert au matcha, j’ai eu un peu peur sur le dosage mais j’aurais pu être plus généreuse, je trouve que le goût de la coco l’emporte un peu.

Bref conquise par cette recette, par ce test et même s’il sont tout en bas de l’échelle des biscuits de Vania c’est quand même hyper addictif. En même temps quand on goûte l’huile de coco seule on comprends que c’est vegan c’est pas vegras.

Vais-je vous quitter sur ce jeu de mot pourri, et bien oui aller j’ose !

 

Par Ambramissu (et Eliepili un peu)

 

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